A propos de ... Mes pensées

Paradoxe quand tu nous tiens…

Il faut se rendre à l’évidence, on est tous névrosés. Et je pense que c’est normal quand on voit le monde dans lequel on vit. Les choses vont un peu trop vite et c’est la raison pour laquelle beaucoup se sentent clairement dépassés. Les phénomènes de mode révèlent notre instabilité, ils se succèdent à la vitesse de la lumière. Ratez le coche une fois, vous aurez l’impression d’avoir raté votre vie.

Pour que vous puissiez comprendre mon point de vue, rien de mieux que des exemples concrets qui illustreront à merveille ma pensée.

Là où je m’étonne un peu tous les jours, c’est quand je constate que bon nombre s’autorisent à donner des leçons de vie, sous prétexte (qui sait?) qu’ils auraient trouvé LA solution miracle pour être heureux, avoir la jeunesse éternelle, éviter les erreurs. Grosso MERDO, ils auraient compris le sens de la vie. Les écrits de Aristote et Platon peuvent à présent laisser place aux pensées profondes des pseudo-intellectuels dont l’usage et la succession de mots un peu complexes suffisent à impressionner. En résumé, ils sont parfaits et aiment à souligner vos imperfections pour encore plus se rassurer et s’accorder de l’importance. Ils ont compris que les moutons que nous sommes n’ont pas toujours le temps de réfléchir (merci rouleau compresseur de la vie) et que du coup, on suit les mouvements de masse.

Commençons par un paradoxe à la mode, à savoir le modèle bobo parisien. Ils sont assez marrants parce que ce sont les premiers à penser avoir tout compris. D’une certaine façon, ils n’ont pas tort. Ils ont l’argent et le pouvoir de l’argent. Ils peuvent ainsi faire ce qu’ils veulent. Mais ils vont au-delà de cela parce qu’ils prônent un retour aux sources (on aime la nature et ses produits), un recours exclusif aux matières (nobles) de qualité supérieure et un idéal de vie (pas de télé, on fait du vélo et on mange healthy). Le slogan est le suivant « c’est bio, beau et yoyo – yoga ».

D’ailleurs, ils prodiguent souvent leurs bons conseils en surfant sur la vague « j’ai écrit un livre » et partagent leurs bons plans pour être serein, avoir une vie paisible et rester jeune plus longtemps. Ce qu’ils ne disent pas c’est que leur routine n’est pas la même ! Ils dorment paisiblement parce qu’ils ne connaissent pas le stress de devoir se lever à 5h30 pour aller bosser et gagner de quoi vivre. Si la grisaille les déprime, un simple vol direction St-Barts suffit à les requinquer. Et surtout, ils n’ont pas les soucis de notre pauvre condition d’être humain ordinaire. Leur vie n’est faite que de moments oisifs et plaisirs immédiats.
Vous l’aurez compris. Ils ont ce qu’il y a de mieux, condamnent les gens qui ne mangent pas bio et sont fans de sport. En revanche, fumer n’est pas un problème… ça donne du style 🙂

Et malgré ces paradoxes, ils sont adulés et suivis par la masse comme exemple ou même modèle. Ils ne représentent qu’une minorité et pourtant, ils fascinent en exhibant leur vie de rêve. Ils s’enrichissent toujours plus grâce au peuple qui a besoin de les regarder, de les suivre pour échapper à leur vie (« allez, vivons par procuration, c’est tellement mieux! »). Je reste quelque peu perplexe, mais c’est un raccourci que j’ai volontairement emprunté.

Ce qui me permet d’évoquer un autre paradoxe. On n’a jamais été aussi égocentrique et pourtant aussi peu focalisé sur soi. Je m’explique…

paradoxe-4

Voyez-vous, nous souffrons d’un syndrome que je nommerai narcissisme transféré. En somme, on pense à soi, mais en se positionnant toujours par rapport à l’autre. On souffre de voyeurisme sans le savoir, on a besoin de voir ce que l’autre a ou fait pour entreprendre des choses. Du coup, on a jamais été aussi peu concentré sur soi !

Et là est la complication. On a peur d’assumer ouvertement ce que l’on est parce que l’on recherche tous à être apprécié ou même aimé des autres. Mais à quoi bon ? Peut-être est-il temps de mettre de côté les autres. Une chose est sûre, on ne sera jamais satisfaisant ; jamais suffisamment bien, jamais « parfait ». En recherchant à plaire à tout le monde sauf à soi, on finit par se haïr.

Vous aurez compris que le plus grand paradoxe dont on souffre finalement c’est bien évidemment « je me fous des autres mais je recherche à leur plaire à tout prix ».
Être le plus beau, la plus sympa, le plus intelligent, la plus populaire, le plus connu, la plus riche, le plus respecté, la plus influente… Que de futilités et d’intérêts niais parce qu’au train où vont les choses, cela manque par définition de pérennité et par conséquent s’oppose à la notion même d’équilibre !

Pensez à votre vie, peu importe ce que l’on fait, il faut assumer ses choix. La pression (sociale, familiale ou autre) est une amie mal intentionnée que nous côtoyons tous. Il faut s’en débarrasser et commencer à voir le bien (gâché) qui se trouve devant soi. Envier secrètement ce que l’autre possède est nuisible. Les apparences sont bien souvent trompeuses et certains sont passés maîtres dans l’art du maquillage !

PS : Préservez-vous 🙂

paradoxe-3

You Might Also Like

  • céline
    3 octobre 2016 at 7 h 22 min

    très belle analyse. Rien de plus vrai!

    • Vitina21
      3 octobre 2016 at 20 h 30 min

      C’est très gentil.